Boire un jus d’orange à Jemaa el-Fna est l’un des petits plaisirs les moins chers et les plus rafraîchissants de la place. Des dizaines de charrettes numérotées, croulant sous des pyramides d’oranges, s’alignent au cœur de l’esplanade du matin jusque tard le soir. Le tarif de référence est simple à retenir : comptez en général 4 à 5 dirhams le verre (environ 0,40 à 0,50 €) pour un jus pressé devant vous, ce qui reste l’un des rapports plaisir-prix imbattables de Marrakech.
Concrètement, le bon réflexe tient en trois gestes : demandez le prix avant que l’on presse, exigez un jus fraîchement pressé minute (et non versé d’un pichet déjà préparé), et refusez poliment les extras que l’on tente parfois d’ajouter (un gobelet « pour la route », une pincée de fruits secs, un deuxième verre non demandé). Avec ces trois réflexes, l’expérience est authentique, savoureuse et sans mauvaise surprise.
Les charrettes à jus font partie du décor classé par l’UNESCO au patrimoine immatériel de l’humanité. Elles sont numérotées par la municipalité, ce qui facilite les repères et, en théorie, encadre les prix. Voici comment en profiter au mieux, éviter les rares petits surcoûts, et goûter les variantes qui valent le détour.
Combien coûte un jus d’orange à Jemaa el-Fna ?
Le prix de référence affiché sur la plupart des charrettes tourne autour de 4 dirhams le verre pour un jus d’orange simple, parfois 5 dirhams selon la saison et l’emplacement. C’est un tarif encadré et volontairement bas : la concurrence entre les dizaines de stands tire les prix vers le bas, et l’orange est un fruit local abondant.
Voici une grille de prix indicatifs pour vous repérer :
| Boisson | Prix indicatif | ≈ € |
|---|---|---|
| Jus d’orange simple (verre) | 4 – 5 MAD | 0,40 – 0,50 € |
| Jus d’orange « grand verre » | 8 – 10 MAD | 0,80 – 1 € |
| Jus de pamplemousse | 5 – 10 MAD | 0,50 – 1 € |
| Mélange orange-pamplemousse | 5 – 10 MAD | 0,50 – 1 € |
| Jus « exotiques » (grenade, avocat…) | 15 – 30 MAD | 1,50 – 3 € |
Ces montants sont indicatifs et peuvent varier d’une charrette à l’autre, selon la saison (les oranges sont meilleures et moins chères en hiver) et l’affluence touristique. Le prix normal du jus d’orange simple reste très bas : si on vous en demande 15 ou 20 dirhams pour un simple verre d’orange, c’est que le tarif touristique s’applique — passez votre chemin ou négociez.
Pour situer cette dépense dans l’ensemble de votre visite, notre grille complète des prix à Jemaa el-Fna détaille combien prévoir pour une journée sur la place.

Les charrettes numérotées : comment ça marche ?
Chaque charrette porte un numéro peint bien visible. Ce système, mis en place par la ville, sert à identifier les marchands et, en principe, à rattacher chaque stand à un tarif encadré. Pour vous, le numéro a un intérêt pratique : si un jus vous a plu, vous pouvez repérer le stand et y revenir, ou au contraire signaler un problème.
Dans les faits, les charrettes sont très semblables les unes aux autres : mêmes oranges, mêmes presse-agrumes, mêmes prix affichés. Inutile donc de chercher « la meilleure » — le facteur qui compte le plus, c’est la fraîcheur du fruit et du jus, pas le numéro. Choisissez plutôt une charrette :
- Très fréquentée, où le marchand presse en continu (les oranges tournent, le jus est frais).
- Où les oranges sont pleines et fermes, pas ridées ni tachées.
- Où l’on presse devant vous, plutôt que de verser depuis un pichet.
Jus pressé minute ou pichet déjà préparé ?
C’est le point à connaître. Beaucoup de charrettes gardent un pichet de jus déjà pressé au frais, prêt à servir aux clients pressés. Ce jus a pu être pressé il y a plusieurs heures : il s’oxyde, perd ses vitamines, développe parfois une amertume et peut avoir été allongé d’eau ou de sirop.
Le vrai plaisir — et la meilleure garantie d’hygiène — c’est le jus pressé minute, devant vous, à partir d’oranges entières. Pour l’obtenir, un mot suffit :
- En français : « pressé devant moi, s’il vous plaît ».
- En arabe marocain : « aasir tazej » (jus frais), ou simplement en montrant les oranges et en mimant le pressage.
Un marchand qui presse volontiers devant vous est bon signe. S’il insiste pour verser depuis un pichet déjà rempli, demandez-en un frais — c’est votre droit, et le prix est le même.
Les petits surcoûts à éviter
Sur un produit à quelques dirhams, l’« arnaque » est rarement spectaculaire : elle se joue sur de petits extras ajoutés discrètement. Rien de méchant, mais autant les connaître pour ne pas payer le double sans le vouloir :
- Le « gobelet pour la route ». Après votre verre, on vous propose de remplir un gobelet en plastique à emporter — facturé en plus. Sympathique, mais dites non si vous n’en voulez pas.
- Le deuxième verre « offert »… puis facturé. On vous ressert « pour goûter » puis le total grimpe. Fixez d’emblée : « un seul verre ».
- Les fruits secs ou la déco. Une pincée de dattes, d’amandes ou de fruits secs posée sur le comptoir, présentée comme un cadeau, peut réapparaître sur l’addition.
- La monnaie qui « manque ». Payez avec l’appoint si possible ; sur un jus à 4 dirhams, tendez une petite coupure et vérifiez la monnaie rendue.
- Le prix annoncé après coup. Le classique : on presse d’abord, on annonce un prix gonflé ensuite. Demandez toujours le prix avant.
La parade est simple et vaut pour toute la place : convenir du prix avant, ne prendre que ce que l’on a commandé, et payer avec de la petite monnaie. Pour un panorama complet des pièges tarifaires, consultez notre guide sécurité et arnaques à Jemaa el-Fna.

Les variantes : pamplemousse, mélanges et jus exotiques
L’orange est la vedette, mais les charrettes proposent d’autres agrumes et fruits. Deux variantes valent particulièrement le coup :
- Le jus de pamplemousse. Plus acidulé, légèrement amer, très désaltérant. Souvent au même prix ou à peine plus que l’orange. Idéal si vous trouvez l’orange trop sucrée.
- Le mélange orange-pamplemousse. Le meilleur des deux : la douceur de l’orange, le peps du pamplemousse. Demandez « moitié-moitié » et vous obtiendrez un jus parfaitement équilibré.
On trouve aussi, sur certaines charrettes plus « touristiques », des jus exotiques : grenade (délicieuse en saison, l’automne), citron, ou des mélanges à base d’avocat, de banane et de fruits secs. Ces jus sont nettement plus chers (15 à 30 dirhams) car ils demandent plus de fruits et de préparation — vérifiez bien le prix avant de commander, l’écart avec l’orange simple est important.
L’hygiène : boire un jus de rue sans risque
Bonne nouvelle : un jus pressé minute à partir d’oranges entières est l’un des choix les plus sûrs de la street food, car le fruit est protégé par sa peau jusqu’au pressage. Les points de vigilance portent surtout sur ce qu’on ajoute autour :
- Privilégiez le pressé devant vous : pas de jus stagnant, pas de risque de mélange douteux.
- Méfiez-vous des glaçons et de l’eau ajoutée. Si vous avez l’estomac sensible, demandez votre jus sans glace — la glace peut être faite d’eau du robinet.
- Regardez la propreté du presse-agrumes, des verres et des mains du marchand.
- Verres réutilisables ou gobelet jetable ? Beaucoup de charrettes rincent les verres dans un seau d’eau. Si cela vous gêne, demandez un gobelet jetable.
- Choisissez un stand très fréquenté : forte rotation = fruits et jus toujours frais.
Ces réflexes valent pour toute la restauration de rue de la place. Notre page dédiée à où manger à Jemaa el-Fna détaille les bonnes pratiques stand par stand.
À quel moment boire son jus ?
Les charrettes à jus sont l’une des rares attractions de la place ouvertes du matin au soir, sans interruption. Un jus d’orange frais est parfait :
- Le matin, en accompagnement d’une balade tôt, quand la place est calme et les oranges fraîchement livrées.
- En milieu d’après-midi, comme pause désaltérante sous la chaleur.
- Le soir, dans l’effervescence des stands de nourriture, entre deux dégustations.
En hiver, les oranges du Souss sont à leur meilleur : plus sucrées, plus juteuses, moins chères. C’est objectivement la meilleure saison pour le jus, même si on en presse toute l’année. Un verre à 4 dirhams reste, en toute saison, le petit luxe le plus démocratique de Jemaa el-Fna.
Questions fréquentes
Combien coûte un jus d’orange à Jemaa el-Fna ?
Comptez un prix de référence de 4 à 5 dirhams le verre (0,40 à 0,50 €) pour un jus d’orange simple pressé devant vous. Les grands verres, mélanges et jus exotiques coûtent plus cher. Demandez toujours le prix avant de commander : si on vous réclame 15 ou 20 dirhams pour un simple verre d’orange, c’est le tarif touristique.
Faut-il exiger un jus pressé devant soi ?
Oui. Beaucoup de charrettes gardent un pichet de jus déjà pressé, qui peut être tiède, oxydé, amer ou allongé d’eau. Demandez un jus « pressé minute » à partir d’oranges entières : c’est plus frais, meilleur, plus sûr, et le prix est identique.
Les charrettes numérotées sont-elles plus fiables ?
Les numéros servent à identifier les marchands et rattacher chaque stand à un tarif encadré. Toutes les charrettes se valent à peu près : privilégiez celle qui est très fréquentée, avec des oranges fermes et un marchand qui presse en continu, plutôt qu’un numéro en particulier.
Quels petits surcoûts éviter ?
Les extras discrets : gobelet « à emporter » facturé en plus, deuxième verre non demandé, pincée de fruits secs « offerte » puis facturée, ou prix annoncé seulement après le pressage. La parade : convenir du prix avant, ne prendre que ce qu’on a commandé, et payer avec de la petite monnaie.
Peut-on boire un jus de rue sans risque ?
Un jus pressé minute à partir d’oranges entières est l’un des choix les plus sûrs de la street food. Évitez les glaçons si vous avez l’estomac sensible (eau du robinet possible), vérifiez la propreté du matériel, et choisissez un stand à forte rotation. Vous pouvez demander un gobelet jetable plutôt qu’un verre rincé.
Quelles variantes goûter à part l’orange ?
Le jus de pamplemousse (plus acidulé) et le mélange orange-pamplemousse « moitié-moitié » sont d’excellents choix, souvent au même prix. En automne, la grenade pressée minute est un délice, mais plus chère. Vérifiez toujours le tarif des jus exotiques (grenade, avocat), nettement supérieur à celui de l’orange simple.