Vue aérienne de nuit de la place Jemaa el-Fna illuminée, un spot rêvé pour photographier Marrakech

Conseils

Photographier Jemaa el-Fna : les meilleurs spots, moments et règles à connaître

Photographier Jemaa el Fna : meilleurs spots depuis les rooftops, l'heure dorée, réglages smartphone et les règles à respecter (photos payantes, artistes, animaux).

Mis à jour en 5 août 2026

Pour photographier Jemaa el-Fna, un seul créneau surpasse tous les autres : l’heure qui précède et qui suit le coucher du soleil, depuis l’une des terrasses panoramiques qui bordent la place. À ce moment précis, la lumière dorée nappe les façades ocre, la fumée des grillades commence à monter, les lumières s’allument une à une et le minaret de la Koutoubia se découpe sur un ciel rose : c’est le cliché signature de Marrakech.

Mais la place ne se résume pas à cette carte postale. C’est un théâtre humain permanent, l’un des lieux les plus photogéniques du Maroc, et aussi l’un des plus délicats à photographier. Ici, chaque conteur, musicien, porteur d’eau ou dresseur d’animaux qui apparaît dans votre cadre peut vous demander de l’argent, parfois avec insistance. Savoir , quand et surtout comment déclencher change tout : entre une expérience frustrante et une série d’images dont vous serez fier.

Ce guide rassemble les meilleurs spots (rooftops, angles, la Koutoubia en fond), les moments à viser, les réglages pour smartphone comme pour appareil photo, et les règles d’éthique et de politesse indispensables pour photographier la place sereinement et sans faux pas.

Coucher de soleil doré sur la place Jemaa el-Fna vu d'une terrasse, l'heure idéale pour photographier Marrakech

Quel est le meilleur moment pour photographier la place ?

La lumière fait 90 % de la photo, et à Jemaa el-Fna elle change radicalement au fil de la journée. Voici comment répartir vos prises de vue.

  • L’heure dorée (golden hour) : environ 45 minutes avant le coucher du soleil. C’est le moment roi. La lumière rasante et chaude sublime les façades, les fumées et les silhouettes. Idéal depuis une terrasse.
  • L’heure bleue (blue hour) : les 20 à 30 minutes juste après le coucher. Le ciel prend une teinte bleu profond pendant que les lumières artificielles de la place brillent : c’est le meilleur équilibre pour des photos de nuit spectaculaires, sans ciel noir.
  • La pleine nuit : ambiance, fumée, lampes nues et foule dense. Superbe, mais plus exigeant techniquement (faible lumière, mouvement).
  • Le matin (avant 10h-11h) : lumière douce, place encore calme, peu de monde. Parfait pour des plans larges épurés et pour photographier l’architecture sans la cohue.
  • Le plein midi : à éviter pour les photos léchées. Lumière dure, ombres marquées, chaleur écrasante.
L'astuce des pros : vérifiez l'heure exacte du coucher de soleil le jour même (autour de 18h en hiver, plus de 20h en plein été) et montez sur la terrasse 30 à 45 minutes avant. Vous capturez ainsi l'heure dorée et l'heure bleue depuis le même point, sans bouger.

Les meilleurs spots depuis les rooftops et terrasses

Le plus beau point de vue sur Jemaa el-Fna n’est pas au niveau du sol : il est en hauteur. Les terrasses des cafés qui ceinturent la place offrent le fameux plan plongeant sur la marée humaine, avec la Koutoubia en toile de fond. Trois adresses font l’unanimité :

  • Le Grand Balcon du Café Glacier (angle sud-est) : le point de vue le plus célèbre, en surplomb direct de la place. Vue imprenable sur la foule, les fumées et le minaret. Consommation généralement requise (un thé à la menthe suffit).
  • Le Café de France : institution historique, très bien placée, autre grand classique du panorama.
  • Les terrasses de restaurants côté est (type Zeitoun, Kessabine et voisins) : plusieurs offrent une belle vue plongeante, souvent un peu moins bondées.

Depuis ces hauteurs, composez avec la Koutoubia à gauche ou à droite du cadre plutôt qu’au centre (voir la règle des tiers plus bas), et laissez respirer le ciel pendant l’heure bleue.

Le minaret de la Koutoubia illuminé au crépuscule, repère incontournable en arrière-plan des photos de Jemaa el-Fna

Composer avec la Koutoubia en arrière-plan

Le minaret de la Koutoubia, haut de 77 mètres et visible de presque partout, est le repère naturel de vos compositions. Quelques idées :

  • Placez-le en arrière-plan d’une scène de rue pour donner l’échelle et le contexte marrakchi.
  • Au crépuscule, guettez le moment où le soleil disparaît derrière le minaret : silhouette parfaite.
  • De nuit, il est illuminé : cadrez-le en point de fuite au bout d’une rangée de gargotes.

Photographier au niveau de la place : angles et scènes

En descendant dans la foule, vous passez du panorama au reportage. C’est là que se jouent les images les plus vivantes : halqa (cercles de spectateurs), fumées, portraits, détails.

  • Les plans larges de fumée : positionnez-vous à contre-jour partiel au coucher du soleil, quand la fumée des grillades traverse la lumière. Effet cinématographique garanti.
  • Les détails et natures mortes : pyramides d’oranges, escargots dans leur bouillon, épices, babouches. Faciles à photographier et sans problème d’autorisation.
  • Les scènes d’ambiance : la foule de dos, les silhouettes devant les lampes, les enfants qui courent. Le mouvement raconte la place.
  • Les portraits : les plus forts, mais aussi les plus sensibles (voir la section éthique).

Charmeur de serpent jouant de la flûte sur la place, une scène emblématique à ne photographier qu'avec l'accord de l'artiste

Smartphone ou appareil photo : quel matériel et quels réglages ?

Bonne nouvelle : un smartphone récent suffit largement pour rapporter d’excellentes images de Jemaa el-Fna. Voici l’essentiel selon votre équipement.

Avec un smartphone

  • Activez le mode Nuit dès la tombée du jour : il fait des merveilles pendant l’heure bleue.
  • Verrouillez l’exposition et la mise au point (appui long sur l’écran) pour éviter que le cadre ne « pompe » quand la foule bouge.
  • Nettoyez l’objectif : la poussière et les traces de doigts ruinent les photos à contre-jour.
  • Évitez le zoom numérique : rapprochez-vous plutôt, ou recadrez ensuite. Utilisez l’ultra-grand-angle pour les panoramas de terrasse.
  • Format et HDR : laissez le HDR automatique gérer les forts contrastes du coucher de soleil.

Avec un reflex ou hybride

  • L’heure bleue : ouvrez grand (f/2.8–f/4), montez les ISO (800–3200 selon le boîtier), visez une vitesse d’au moins 1/125 s pour figer le mouvement.
  • Objectifs : un grand-angle (16-35 mm) pour les terrasses, un 35 ou 50 mm lumineux pour les scènes de rue et portraits.
  • Balance des blancs : réglez-la manuellement (autour de 3500–4000 K) pour maîtriser la dominante orangée des lampes.
  • Trépied : possible en journée sur les terrasses, mais peu pratique dans la foule le soir. Préférez un boîtier stabilisé.
Composition universelle : appliquez la règle des tiers (activez la grille de votre appareil), cherchez des lignes directrices (rangées de gargotes, lampadaires) et gardez la Koutoubia sur une ligne de force plutôt qu'au centre.

Éthique et règles : ce qu’il faut absolument savoir

C’est le point le plus important de ce guide. À Jemaa el-Fna, photographier une personne sans son accord est mal vu, et photographier les artistes se paie. Ignorer ces règles gâche l’ambiance et peut créer des tensions. Voici comment faire les choses correctement.

Les photos payantes des artistes

Dès que vous photographiez un musicien Gnaoua, un conteur, un porteur d’eau (guerrab), une danseuse, une tatoueuse au henné ou un acrobate, on vous demandera de l’argent. C’est parfaitement légitime : ces artistes vivent de la place, et leur image fait partie de leur gagne-pain.

  • Convenez du prix AVANT de déclencher. Quelques dirhams (10 à 20 MAD, indicatif) suffisent souvent pour une ou deux photos.
  • Ayez de la petite monnaie prête : sortir un gros billet appelle une demande plus élevée.
  • Si le tarif ne vous convient pas ou que la scène ne vous intéresse pas assez, abstenez-vous simplement et passez votre chemin.
  • Ne « volez » pas de photo au téléobjectif en croyant être discret : c’est souvent repéré et très mal perçu.

Les animaux : une question éthique à ne pas éluder

Les charmeurs de serpents et les dresseurs de singes sont parmi les figures les plus photographiées, mais ce sont aussi les plus problématiques. Les serpents sont parfois manipulés dans des conditions douteuses, et les singes, tenus en laisse, sont au cœur de préoccupations réelles de bien-être animal. Des organisations comme PETA et des associations locales alertent régulièrement sur ces pratiques.

Vous êtes libre de vos choix, mais gardez en tête que photographier ces scènes (surtout en payant) encourage directement l’activité. Beaucoup de voyageurs préfèrent aujourd’hui ne pas cautionner et concentrer leur objectif sur les artistes musiciens, les conteurs et l’ambiance générale.

Demander l’autorisation, tout simplement

Pour les portraits de commerçants ou de passants, la règle d’or est la politesse : un sourire, un « salam », un geste vers l’appareil pour demander l’accord. Un « ça va si je prends une photo ? » désamorce tout. Beaucoup accepteront de bon cœur ; d’autres refuseront, et il faut le respecter sans insister.

⚠️
Attention au henné forcé : des tatoueuses peuvent saisir votre main pour commencer un motif « en cadeau », puis réclamer un prix élevé et une photo payante. Gardez vos mains pour vous et déclinez fermement. Méfiez-vous aussi du henné noir, potentiellement irritant.

Sécurité de votre matériel dans la foule

La place est globalement sûre, très fréquentée et surveillée, mais la densité de foule attire les pickpockets, surtout le soir. Quelques réflexes protègent votre matériel :

  • Portez l’appareil en bandoulière croisée devant vous, jamais qui pend dans le dos.
  • Rangez le smartphone dans une poche fermée entre deux prises ; ne le laissez pas traîner sur une table de terrasse.
  • Évitez d’exhiber un gros boîtier ou un objectif de valeur dans les recoins peu éclairés.
  • Sur les terrasses, gardez le sac photo contre vous ou sur les genoux.

Pour un panorama complet des pièges à connaître, consultez notre guide dédié à la sécurité et aux arnaques sur la place.

Programme photo type d’une soirée réussie

CréneauOù / quoiObjectif
Fin d’après-midiMontée sur une terrasseRepérage, plans larges, détails
45 min avant le coucherTerrasse, côté placeHeure dorée, fumées, Koutoubia
Coucher + 30 minMême terrasseHeure bleue, lumières allumées
Début de nuitDescente dans la fouleHalqa, scènes de rue, portraits (avec accord)
Pleine nuitCercles de musiciens, gargotesAmbiance, fumée, mouvement

Ce déroulé vous fait enchaîner tous les types de lumière sans perdre de temps. Pour prolonger l’expérience au-delà de la photo, notre guide que voir et faire détaille tout ce qui vous attend sur la place, et notre article sur Jemaa el-Fna le soir raconte heure par heure la métamorphose nocturne.

Questions fréquentes

Quel est le meilleur moment pour photographier Jemaa el-Fna ?

Le meilleur moment est l’heure qui entoure le coucher du soleil : l’heure dorée (45 minutes avant) pour la lumière chaude sur les façades et les fumées, puis l’heure bleue (30 minutes après) pour des photos de nuit équilibrées, avec un ciel encore coloré et les lumières de la place allumées. Montez sur une terrasse 30 à 45 minutes avant le coucher pour capter les deux depuis le même point.

Faut-il payer pour photographier les gens sur la place ?

Oui, dès que vous photographiez un artiste (musicien Gnaoua, conteur, porteur d’eau, danseuse, dresseur d’animaux, tatoueuse au henné), il vous demandera de l’argent, et c’est légitime : c’est leur gagne-pain. Convenez du prix avant de déclencher (quelques dirhams suffisent souvent) et ayez de la petite monnaie. En revanche, les natures mortes (oranges, épices, escargots) et les scènes d’ambiance de la foule ne posent pas de problème.

Où trouver le meilleur point de vue en hauteur ?

Les terrasses des cafés bordant la place offrent le fameux plan plongeant : le Grand Balcon du Café Glacier (angle sud-est) est le plus célèbre, suivi du Café de France. Une simple consommation (thé à la menthe) donne accès à la vue. Vous y obtenez le panorama avec la marée humaine au premier plan et le minaret de la Koutoubia en arrière-plan.

Un smartphone suffit-il pour de belles photos de la place ?

Absolument. Un smartphone récent avec un bon mode Nuit rapporte d’excellentes images, surtout à l’heure bleue. Verrouillez l’exposition et la mise au point d’un appui long, nettoyez l’objectif avant chaque session, évitez le zoom numérique et laissez le HDR gérer les forts contrastes du coucher de soleil.

Est-il éthique de photographier les charmeurs de serpents et les singes ?

C’est un vrai débat. Les singes tenus en laisse et certaines manipulations de serpents posent des questions de bien-être animal, et payer pour ces photos encourage l’activité. Vous restez libre, mais de plus en plus de voyageurs choisissent de ne pas photographier ces scènes et de concentrer leur objectif sur les musiciens, les conteurs et l’ambiance générale de la place.